Le vice-président du PPA-CI Katinan Koné a animé, le jeudi 16 avril 2026 à Abidjan, une conférence de presse au cours de laquelle il a vivement critiqué la gouvernance actuelle, notamment sur la question des droits de l’Homme et du système éducatif ivoirien.
Abordant la récente nomination à la tête du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), le conférencier a dénoncé ce qu’il qualifie de « capture de l’institution par le pouvoir en place ».
Selon lui, « le gouvernement transforme le CNDH en une délégation du RHDP », estimant que cette situation s’inscrit dans une dynamique de remise en cause des acquis démocratiques depuis 2011.
Il affirme que plusieurs organisations de la société civile ont déjà contesté la désignation du nouveau président du CNDH, évoquant des violations supposées de la loi n°2018-900, notamment sur la composition du bureau et les critères d’impartialité exigés.
Le PPA-CI estime que la présence d’un responsable « militant affiché du RHDP » à la tête de l’institution pose un problème de crédibilité et d’indépendance. Le parti annonce par ailleurs son intention de saisir des instances internationales, dont le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme et l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’Homme.
Sur le plan éducatif, le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo dresse un tableau critique du système scolaire ivoirien, malgré une amélioration du taux de réussite au baccalauréat en 2025 (40,15 % contre 34,17 % en 2024).
Le PPA-CI estime que ces chiffres masquent de profondes inégalités territoriales et sociales. Il pointe notamment une forte concentration des ressources éducatives dans les grandes villes comme Abidjan, Bouaké et Yamoussoukro, qui afficheraient des performances nettement supérieures au reste du pays.
Selon les données avancées, les zones urbaines concentreraient l’essentiel des infrastructures et des enseignants qualifiés, tandis que certaines régions resteraient en situation de sous-équipement chronique.
Le parti dénonce également la « prolifération des établissements privés », qualifiés d’« écoles à bas coût » ou « usines à diplômes ». Il estime que certains établissements affichent des taux de réussite très faibles, voire nuls, sans qu’aucune sanction ne soit appliquée.
Le PPA-CI critique par ailleurs les subventions de l’État au secteur privé, qu’il juge insuffisamment conditionnées à des critères de performance.
Le parti reconnaît néanmoins que l’enseignement public affiche de meilleurs résultats moyens que le privé, malgré des conditions difficiles : sous-effectifs enseignants, surcharge des classes et manque d’infrastructures.
Il y voit une « contradiction structurelle » révélatrice, selon lui, d’un système éducatif mal orienté et inégalitaire.
Estimant que la situation relève d’un problème systémique, le PPA-CI annonce des démarches auprès d’instances internationales de protection des droits de l’Homme pour contester la nomination du président du CNDH et dénoncer la gouvernance actuelle du pays.
Pour le parti, la Côte d’Ivoire fait face à une double crise : celle de l’indépendance des institutions de droits humains et celle d’un système éducatif qui, malgré certaines performances statistiques, « reproduit et aggrave les inégalités sociales ».
David Kouassi

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