La relation entre Ahoua Don Mello et Laurent Gbagbo s’inscrit dans l’histoire politique contemporaine de la Côte d’Ivoire comme un long cycle de proximité, mais aussi d’éloignement au fil des décennies.
C’est au début des années 1980 que les deux hommes se rencontrent, alors que Laurent Gbagbo est en exil politique en France. Cette période marque le point de départ d’un compagnonnage qui va s’intensifier avec l’avènement du multipartisme en 1990 et la structuration du Front populaire ivoirien (FPI), parti d’opposition devenu l’un des principaux acteurs de la scène politique nationale.
Dans cette dynamique, Don Mello occupe des fonctions stratégiques au sein du FPI, notamment la présidence du Comité de contrôle du parti. Il apparaît alors comme l’un des cadres techniques proches de l’appareil dirigeant, aux côtés de Laurent Gbagbo, figure centrale du mouvement.
Mais en 1996, la relation connaît un tournant majeur. Don Mello quitte le FPI et prend ses distances avec Laurent Gbagbo pour initier le courant FPI-Renaissance. Cette rupture intervient dans un climat de tensions internes, marqué par des divergences politiques profondes et des épisodes restés sensibles dans la mémoire militante.
Quatre ans plus tard, en 2000, Laurent Gbagbo accède à la magistrature suprême sans l’appui de son ancien compagnon politique. Pourtant, la rupture ne sera pas définitive. Don Mello est par la suite rappelé dans le cercle de l’État et nommé Directeur général du Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD), signe d’un retour progressif à la collaboration.
Cette recomposition débouche sur une nouvelle phase de coexistence politique, marquée par l’intégration de Don Mello dans les gouvernements issus du FPI jusqu’à la chute du régime en 2011. Malgré les épisodes passés, la relation politique entre les deux hommes semble alors réactivée par les nécessités de la conjoncture.
En 2021, les retrouvailles prennent une nouvelle forme avec la création du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) par Laurent Gbagbo. Don Mello s’inscrit dans cette dynamique, participe aux débats publics et défend la vision politique du nouveau parti, notamment sur la souveraineté et le positionnement international de la Côte d’Ivoire.
Cependant, à l’élection présidentielle de 2025 apparaître de nouvelles divergences de stratégie, notamment autour des enjeux électoraux et de la participation aux batailles politiques internes. Le positionnement de Don Mello, perçu par certains militants comme une prise de distance tactique, relance les interrogations sur la stabilité de cette relation politique.
David Kouassi

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