L’ancien préfet d’Abidjan Vincent Toh Bi souhaite l’ouverture d’un débat national approfondi sur l’avenir de la Commission électorale indépendante (CEI) et, plus largement, sur les conditions de crédibilité des élections en Côte d’Ivoire.
Il s’est exprimé dans une déclaration publiée sur ses plateformes de communication ce lundi 1er juin 2026.
Vincent Toh Bi déplore, en effet ,ce qu’il qualifie de tendance nationale à privilégier les polémiques passagères au détriment des questions institutionnelles majeures. Selon lui, la dissolution de la CEI, pourtant porteuse d’enjeux déterminants pour la stabilité du pays, n’a suscité qu’un intérêt éphémère dans l’opinion publique avant d’être éclipsée par d’autres sujets.
« Quand la CEI a été dissoute, tout le monde en a parlé. Ça n’a duré que quelques heures et on est passés à autre chose », regrette-t-il, estimant que cette situation risque de conduire à l’adoption de nouvelles réformes sans véritable concertation nationale.
Pour l’ancien haut fonctionnaire, la question électorale demeure au cœur des crises politiques ivoiriennes. Il rappelle que les épisodes les plus violents de l’histoire récente du pays sont intervenus à l’occasion des consultations électorales, faisant des élections « la maladie nationale que nous devons soigner ».
Vincent Toh Bi appelle ainsi à la mise en place d’une agence électorale « impartiale, crédible, transparente et indépendante », issue de larges consultations associant l’ensemble des forces politiques et sociales du pays. Il estime que toute opposition à une telle démarche serait difficilement compréhensible au regard des impératifs de paix et de cohésion nationale.
Toutefois, il souligne que la crédibilité d’un scrutin ne saurait reposer uniquement sur la composition de l’organe électoral. Selon son analyse, la Commission électorale ne représenterait qu’une partie des garanties nécessaires à des élections transparentes.
« La Commission électorale, c’est 30 % dans la crédibilité et la transparence des élections », affirme-t-il, appelant également à agir sur d’autres facteurs qu’il juge essentiels, notamment l’environnement institutionnel, la liberté d’expression, l’encadrement du financement politique, la protection des partis, les règles de participation électorale ainsi que l’impartialité des institutions chargées du contentieux électoral.
L’acteur politique invite enfin les autorités et les différents acteurs nationaux à s’inspirer de plusieurs pays de la sous-région où les alternances politiques se déroulent de manière apaisée, sans violences ni crises majeures.
« Pourquoi nous, en Côte d’Ivoire, un si grand et noble pays, devons-nous trembler, courir et mourir à chaque élection ? », s’interroge-t-il, appelant à des réformes profondes pour tourner définitivement la page des crises électorales.
David kouassi

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