La recherche universitaire entend davantage contribuer à l’amélioration des conditions de vie des enfants dans le nord de la Côte d’Ivoire. C’est l’un des principaux objectifs du mémorandum d’accord signé, ce jeudi 8 octobre à Korhogo, entre l’Université Péléforo Gon Coulibaly (UPGC) et l’UNICEF.
À travers ce partenariat, les deux institutions entendent produire des connaissances et des données probantes sur les droits de l’enfant, renforcer les compétences et la formation, promouvoir le dialogue scientifique, le plaidoyer et l’innovation sociale. L’accord prévoit également de soutenir l’engagement communautaire et la participation des jeunes.
Plusieurs domaines liés au bien-être des enfants et des adolescents sont concernés par cette collaboration. Il s’agit notamment de la santé, de la nutrition, de l’éducation, de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, de la protection de l’enfant, de l’égalité des genres, de l’action climatique et de l’inclusion des enfants en situation de handicap.

Pour le représentant résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Jean François Basse, ce partenariat repose sur une conviction forte : « la connaissance ne prend tout son sens que lorsqu’elle améliore concrètement et durablement la vie des enfants, des adolescents, des jeunes et de leur communauté ».
Le responsable onusien a relevé les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire dans plusieurs domaines. Il a notamment cité la baisse de la mortalité des enfants de moins de cinq ans, passée de 96 à 74 décès pour 1 000 naissances vivantes entre 2016 et 2021, ainsi que l’amélioration de la couverture de la troisième dose du vaccin pentavalent, passée de 90 % en 2020 à 97 % en 2025.
Malgré ces avancées, des disparités territoriales persistent, particulièrement dans le district des Savanes. De nombreux enfants y restent confrontés à des difficultés liées à l’éducation, à la santé, à la nutrition, à l’accès à l’eau et à la protection.
« Le lieu où naît un enfant ne doit jamais déterminer ses chances d’apprendre, d’être soigné, de bien se nourrir, d’être protégé ou de voir son identité reconnue », a déclaré Jean François Basse.
Pour le représentant de l’UNICEF, les travaux de recherche qui seront conduits à Korhogo doivent permettre de mieux comprendre les réalités vécues par les populations et de contribuer à l’élaboration de réponses adaptées.
« Une donnée enfermée dans un rapport demeure une information. Lorsqu’elle améliore un service, oriente une politique ou protège un enfant, elle devient un instrument de transformation », a-t-il fait valoir.
L’objectif est ainsi de faire de la recherche un véritable outil d’aide à la décision, au bénéfice des populations du Poro, du district des Savanes et, plus largement, du nord du pays.
La présidente de l’UPGC, Pr Coulibaly Aoua Sougo, a inscrit la signature de cet accord dans la dynamique du nouveau programme de coopération entre le gouvernement ivoirien et l’UNICEF pour la période 2026-2030.
Elle estime que le choix de l’UPGC comme partenaire académique traduit la reconnaissance de la place de l’université comme interface entre le savoir scientifique et les réalités vécues par les populations du Nord, notamment les enfants et les jeunes.
« Nous ne partons pas de zéro », a-t-elle souligné, rappelant que les enseignants-chercheurs de l’université, particulièrement ceux des sciences humaines et sociales, travaillent déjà auprès des communautés de cette partie du pays.

La présidente de l’UPGC a annoncé la mise en place d’un point focal universitaire, en lien avec un mécanisme conjoint de gouvernance, afin d’assurer le suivi de la mise en œuvre du partenariat et l’obtention de résultats concrets et mesurables.
Elle a également appelé la communauté universitaire à s’approprier pleinement cet accord. Enseignants, étudiants et autres acteurs de l’université devront, selon elle, être des acteurs à part entière de sa mise en œuvre.
Les deux partenaires prévoient notamment d’établir une gouvernance conjointe, d’élaborer une feuille de route, de définir des priorités et de mettre en place des indicateurs permettant de mesurer les progrès réalisés.
Le partenariat devrait également offrir aux étudiants de nouveaux espaces d’apprentissage, de recherche, d’innovation et d’engagement citoyen, notamment à travers des initiatives d’entrepreneuriat social et des plateformes de participation des jeunes.
La cérémonie a réuni des enseignants-chercheurs, des professeurs, des membres du personnel administratif, des représentants de la société civile, des étudiants ainsi que les autorités préfectorales du Poro, de la Bagoué et du Tchologo.
Aly OUATTARA

Discussion about this post