L’affaire des déguerpissements intervenus à Koumassi continue de susciter des réactions.
Réagissant au communiqué du procureur de la République publié ce mercredi 10 juin, le journaliste d’investigation Assalé Tiémoko Antoine estime que les faits observés sur le terrain révèlent une situation d’une extrême gravité.
Selon lui, la décision de justice invoquée pour justifier l’opération ne pouvait nullement servir de fondement à une destruction d’une telle ampleur. Les personnes visées par cette décision n’occupaient, affirme-t-il, qu’une superficie remblayée de moins de 3 000 m².
De plus, le principal « propriétaire » du site concerné par la procédure, le nommé Ghana Ousmane, n’y avait réalisé aucune construction. « Il n’y avait donc matériellement rien à y déguerpir », soutient-il.
Pour Assalé Tiémoko Antoine, le plus surprenant demeure l’utilisation de cette décision judiciaire pour procéder à l’expulsion d’occupants installés sur près de 10 hectares.
Parmi ces terrains figureraient 6,7 hectares bénéficiant d’une validation par arrêté ministériel depuis une vingtaine d’années, sur lesquels des dizaines d’Arrêtés de Concession Définitive (ACD) ont été délivrés et près de 800 habitations construites.
Le journaliste souligne également un autre élément qu’il juge préoccupant. Depuis hier à 18 h 30, M. Alloui Jacques serait injoignable. Avant de ne plus répondre aux sollicitations, l’intéressé avait reçu un premier questionnaire du journal L’Éléphant Déchaîné dans le cadre de ses investigations sur cette affaire.
Assalé Tiémoko Antoine indique par ailleurs que toutes les informations recueillies et documentées sur le terrain seront mises à la disposition du procureur de la République.
Il rappelle qu’il est du devoir de tout citoyen de signaler à la justice les faits susceptibles de constituer des infractions.
David kouassi

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