Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) est préoccupé par les opérations de déguerpissement en cours depuis le 20 mai dans plusieurs communes du District autonome d’Abidjan, notamment à Cocody, Koumassi, Yopougon et Port-Bouët.
Il l’a dit dans un communiqué publié ce mercredi 10 juin.
Selon l’institution, des missions de terrain ont été déployées sur les différents sites concernés afin d’observer le déroulement des opérations et d’évaluer leurs impacts sur les droits fondamentaux des populations affectées.
Le CNDH relève plusieurs conséquences, dont la démolition d’habitations et de lieux d’activités économiques, le déplacement de nombreuses familles sans solutions immédiates de relogement, ainsi que la perte de biens personnels et de documents administratifs.
L’institution souligne également la vulnérabilité particulière des enfants, des femmes, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.
Elle déplore par ailleurs la poursuite des opérations en période de forte pluviométrie, ainsi que certaines insuffisances dans l’information préalable des populations et la coordination entre les acteurs impliqués.
Au plan social, le CNDH estime que ces déguerpissements aggravent la précarité des ménages, exposent les populations déplacées à des risques sanitaires et sécuritaires, perturbent la scolarité des enfants et fragilisent les solidarités communautaires.
Tout en rappelant que le droit à un logement convenable est garanti par plusieurs instruments internationaux ratifiés par la Côte d’Ivoire, l’institution cite notamment l’Observation générale n°7 du Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies, qui encadre les expulsions forcées et insiste sur le respect de la dignité humaine, des garanties procédurales et des mesures d’accompagnement.
En conséquence, le CNDH appelle les autorités à renforcer l’assistance d’urgence, à mettre en place des solutions de relogement ou de réinstallation, à améliorer l’information des populations et à prévoir des mécanismes de compensation et d’accompagnement social et psychologique.
L’institution recommande également aux autorités du District autonome d’Abidjan et aux collectivités territoriales de renforcer la concertation avec les populations et d’intégrer davantage les droits de l’homme dans les politiques d’aménagement urbain.
Aux populations concernées, le CNDH demande de respecter les mesures de sécurité et de privilégier les voies légales de recours en cas de contestation.
Le Conseil dit rester disponible pour accompagner les pouvoirs publics et annonce qu’il poursuivra le suivi de la situation.
David kouassi

Discussion about this post