Le procureur de la République a requis, lundi, sept ans de prison ferme contre l’ancienne gérante de SOCOCE Soubré, poursuivie pour des faits présumés de mauvaise gestion ayant causé un important préjudice financier à l’entreprise. Cinq ans de prison ferme ont également été requis contre ses deux co-prévenus, le magasinier et le chauffeur. Les trois prévenus sont aussi poursuivis solidairement pour le paiement de 381 millions de FCFA.
À la barre, l’ex-gérante et ses deux collaborateurs ont écouté les réquisitions du ministère public, après les plaidoiries de l’avocat de la partie civile. Ce dernier a réclamé 130 millions de FCFA au titre des dommages et intérêts.
Le dossier porte sur des anomalies relevées dans la gestion du magasin SOCOCE de Soubré. Selon le représentant de l’entreprise, une mission de contrôle diligentée en septembre 2023 avait mis en évidence plusieurs irrégularités.
« La gérante avait déclaré 31,105 millions de FCFA dans les caisses, mais la mission n’a trouvé que 67 000 FCFA », a expliqué le représentant de SOCOCE. Les contrôleurs auraient également découvert que des recouvrements effectués auprès de clients débiteurs, d’un montant de 19,869 millions de FCFA, n’avaient pas été reversés à l’entreprise.
L’inventaire physique du stock aurait, par ailleurs, révélé un écart de plus de 41 millions de FCFA. Au total, le préjudice évoqué par la partie civile s’élèverait à 126,491 millions de FCFA.
À la barre, l’ancienne responsable n’a pas totalement contesté les faits. « Je ne nie pas les faits. À un moment donné, il y a eu un manque de vigilance de ma part. Ma responsabilité est engagée », a-t-elle reconnu.
Elle a toutefois plaidé une mauvaise organisation du service plutôt qu’un détournement volontaire. Selon elle, certaines anomalies étaient liées au fonctionnement interne, notamment des manipulations du système informatique par des agents. « Les caissières supprimaient les données. Quand je l’ai su, j’ai remonté l’information à la hiérarchie », a-t-elle déclaré.
Interrogée par la présidente du tribunal sur l’absence de sanctions ou de demandes d’explications adressées à ses collaborateurs, elle a répondu par l’affirmative. Le procureur a également insisté sur les opérations de recouvrement non reversées. « Comment se fait-il que vous recouvrez les créances et que vous ne reversez pas l’argent ? », a-t-il interrogé.
L’ex-gérante a expliqué que ces montants correspondaient, selon elle, à des stocks manquants qu’elle ne savait pas comment justifier et qu’elle avait inscrits sur le compte des clients. Face à cette réponse, le procureur a estimé qu’il s’agissait d’inscriptions fausses.
Au moment de prononcer son dernier mot, la prévenue a sollicité la clémence du tribunal en évoquant sa situation familiale. « Mes enfants ont besoin de moi. Ma fille cadette, âgée de 10 ans, a besoin de moi en ce moment », a-t-elle plaidé, révélant également une situation familiale difficile liée à son enfant.
Dans la salle d’audience, ses proches n’ont pu retenir leurs larmes.
Le tribunal rendra son délibéré le 31 juillet 2026.

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