Un projet pilote agricole de la Fondation AURKO, annoncé le vendredi 23 octobre 2026, favorisera l’autonomisation de plus de 200 bénéficiaires, dont 120 femmes et 80 jeunes, à Botro, dans le Gbêkê.
Ce projet n’est pas né ex nihilo. En effet, il est né des difficultés d’approvisionnement des populations en diverses denrées alimentaires sur les différents marchés. M. Bè Amani, l’un des responsables de cette fondation, a indiqué à juste titre que « cette initiative est née du constat de la hausse des prix des denrées alimentaires et des difficultés d’approvisionnement en certains produits agricoles, notamment l’oignon, dans plusieurs localités de la Côte d’Ivoire ».
Ce projet vise à promouvoir la dignité des femmes et des jeunes de Botro. Pour occuper sainement ces deux franges importantes de la société, la Fondation AURKO entend réaliser un projet pilote agricole majeur à leur profit. Ainsi, au-delà de ce projet, les responsables de la fondation veulent promouvoir l’auto-emploi dans le secteur agricole, tout en aidant les populations cibles à s’autonomiser de manière légale et digne.
Pour joindre l’acte à la parole, la Fondation AURKO a annoncé la création d’un champ-école sur une superficie cultivable de près de 5 hectares, afin de permettre « aux 200 bénéficiaires de se familiariser davantage avec les techniques de production à travers un apprentissage associant théorie et pratique ».
Dans la phase expérimentale, les cultures retenues pour ce projet sont notamment le manioc, le piment, l’aubergine et l’oignon violet. Le choix définitif des cultures devra tenir compte de l’étude pédologique finale des parcelles agricoles de Botro, ainsi que des besoins exprimés sur le marché local.
Faire de Botro la capitale de la production agricole dans le Gbêkê est l’ambition qui sous-tend ce projet, en plus de favoriser l’occupation saine des femmes et des jeunes. À travers ce programme, M. Anaud Théodore Yao ambitionne de faire « émerger une nouvelle génération de producteurs agricoles ivoiriens capables de subvenir à leurs propres besoins, de créer de la richesse et de participer de façon efficiente au développement économique de Botro et, partant, du Gbêkê ».
D’où la recherche, par la Fondation AURKO, de circuits de commercialisation adaptés aux produits issus des exploitations des bénéficiaires. Pour le manioc, par exemple, « des unités de transformation sont envisagées afin de diversifier les possibilités de valorisation du manioc et de créer davantage d’opportunités économiques au profit des bénéficiaires et de la région du Gbêkê ».

Notons que, dans la salle des fêtes de la mairie de Botro, en l’absence du promoteur, M. Bè Amani, son représentant, a présenté une synthèse des grandes orientations de ce programme destiné à offrir de nouvelles perspectives aux femmes et aux jeunes de Botro.
Selon le calendrier annoncé, le projet démarrera au cours de la deuxième semaine de décembre 2026. Il se déroulera en deux phases : six mois de formation pratique, suivis d’une période estimée à trois mois pour la récolte et la commercialisation des productions, soit un cycle global d’environ neuf mois.
Guéi Minson
ENCADRÉ : Un programme de formation destiné aux 200 bénéficiaires
La Fondation AURKO entend faire de l’agriculture un levier d’autonomisation économique pour les jeunes et les femmes de Botro. À cet effet, « des spécialistes seront mis à contribution pour apporter leur expertise technique et contribuer à l’identification des cultures les mieux adaptées aux réalités agroécologiques de Botro », a indiqué une source proche de la Fondation AURKO.
Au-delà de la phase d’apprentissage, la fondation envisage d’installer individuellement les bénéficiaires, en fonction des cultures expérimentées et de leurs préférences culturales. Cette démarche devrait permettre aux bénéficiaires de passer progressivement du statut d’apprenants à celui de producteurs autonomes.
Un nouveau groupe de jeunes pourrait ensuite être sélectionné pour prendre part au programme, tandis que les premiers bénéficiaires seraient accompagnés dans le développement de leurs propres exploitations.
G. M.

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