Nouvel organe électoral…nous sommes pourtant déjà dans le dialogue
La classe politique ivoirienne a parfois l’art de créer des problèmes là où nous avons pourtant toutes les raisons d’avancer de manière constructive sur des sujets d’intérêt général, comme l’organisation des élections. Le folklore politique semble parfois prendre le dessus sur la recherche de solutions.
L’opposition, qui avait fait de la Commission électorale indépendante (CEI) son cheval de bataille lors des dernières élections, semble aujourd’hui s’attacher à des questions de forme pour critiquer la réforme annoncée de l’organe électoral. Au cœur de ses revendications, un seul mot revient sans cesse : « 𝐃𝐈𝐀𝐋𝐎𝐆𝐔𝐄 ».
Pourtant, les voies du dialogue sont déjà ouvertes et celui-ci s’impose même dans le processus engagé. À moins que, pour notre opposition, le dialogue se résume à une grande assemblée ou à un forum organisé sur plusieurs jours. C’est une voie possible, mais ce n’est certainement pas la seule manière de dialoguer.
Faut-il rappeler que le dialogue est un échange entre deux ou plusieurs parties autour d’une question ? Dès lors, n’y a-t-il pas dialogue lorsqu’il y a échange, consultation et possibilité de faire des propositions ?
Il suffit de suivre l’actualité pour constater que le dialogue existe bel et bien dans le processus en cours. Reste à savoir si les critiques formulées portent uniquement sur l’absence de dialogue ou si elles traduisent également un désaccord avec la méthode retenue.
Le gouvernement aurait pu transmettre directement son projet à l’Assemblée nationale et s’en tenir là.
Mais il a choisi d’associer l’opposition à plusieurs étapes du processus. Les partis politiques de l’opposition et les organisations de la société civile ont été informés en amont et invités à transmettre leurs propositions au ministre de l’Intérieur afin d’en discuter avec lui. Les images de ces rencontres en témoignent. Les partis politiques ont été reçus, leurs propositions recueillies et les portes du ministère ouvertes aux échanges.
𝐀𝐥𝐨𝐫𝐬, 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐮𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐫𝐞́𝐜𝐥𝐚𝐦𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐝𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐬𝐢 𝐚𝐮𝐜𝐮𝐧𝐞 𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐧’𝐚𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐜𝐞 𝐬𝐞𝐧𝐬 ?
En réalité, l’opposition semble vouloir imposer sa propre méthode : celle des grandes concertations et des forums, déjà expérimentés à plusieurs reprises dans notre pays, avec des résultats mitigés. Or, une méthode n’est pas nécessairement la seule voie possible. L’opposition gagnerait à saisir pleinement l’occasion qui lui est offerte pour faire valoir ses idées, défendre ses propositions et convaincre son interlocuteur.
D’autant plus que ses revendications concernant la réforme de l’organe électoral sont connues depuis plusieurs années : le retrait des partis politiques de sa composition, l’indépendance de ses membres et l’autonomie de ses ressources financières. Ces propositions sont suffisamment claires pour être portées dans le cadre des échanges déjà engagés.
Enfin, le nouvel organe électoral sera institué par une loi. Le projet du gouvernement sera donc soumis au Parlement, institution au sein de laquelle les représentants de la nation pourront débattre du texte, proposer des amendements, défendre des modifications et contribuer à son amélioration.
Là encore, une autre étape du dialogue s’ouvrira : le débat parlementaire.
𝐄𝐧 𝐝𝐞́𝐟𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐯𝐞, 𝐥𝐚 𝐯𝐨𝐢𝐞 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐬𝐢𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞, 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐦𝐨𝐢𝐧𝐬 𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐚𝐜𝐮𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐩𝐨𝐭𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐞𝐟𝐟𝐢𝐜𝐚𝐜𝐞.
L’opposition et la société civile gagneraient à exploiter pleinement les canaux de consultation existants plutôt qu’à réclamer sans cesse le dialogue comme si celui-ci était inexistant.
Car le dialogue ne se mesure ni au nombre de jours consacrés à un forum ni à la taille de l’assemblée réunie. Il se mesure aussi à la capacité des parties à échanger, à confronter leurs idées et à faire évoluer les décisions.
𝐍𝐨𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐣𝐚̀ 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐝𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞. 𝐄𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐟𝐚𝐮𝐭-𝐢𝐥 𝐚𝐜𝐜𝐞𝐩𝐭𝐞𝐫 𝐝’𝐞𝐧 𝐞𝐦𝐩𝐫𝐮𝐧𝐭𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐯𝐨𝐢𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭𝐞𝐬.

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