Un nouveau visage à la tête du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Le Président de la République, Alassane Ouattara, a nommé, ce mercredi 23 septembre 2026, Fodjo Kadjo Abo à la présidence de cette institution.
Magistrat hors hiérarchie du groupe A, échelon unique, il occupait jusque-là les fonctions d’Inspecteur général des Services judiciaires et pénitentiaires.
Né en 1959 à Adoumkrom, dans la sous-préfecture d’Appimandoum, département de Bondoukou, Fodjo Kadjo Abo a effectué ses premières études dans son village natal, avant de poursuivre sa scolarité au Lycée moderne de Bondoukou. Après l’obtention du baccalauréat en 1978, il rejoint la Faculté de droit de l’Université d’Abidjan. En 1982, il intègre la section internationale de l’École de la magistrature de France, dont il sort diplômé en 1984.
La même année, il entame sa carrière dans la magistrature comme substitut du procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan. Il exerce ensuite successivement comme juge d’instruction à Abidjan, puis juge dans les sections de tribunal de Sassandra et de Soubré.
Son parcours le conduit également dans l’administration publique. Entre 1992 et 1996, il occupe plusieurs fois les fonctions de directeur de cabinet au ministère de la Sécurité. Il rejoint ensuite le ministère de la Justice, où il exerce notamment comme sous-directeur de la Législation, avant de retrouver des responsabilités de directeur de cabinet auprès de plusieurs ministres chargés de la Sécurité et de la Justice.
En avril 2002, Fodjo Kadjo Abo retrouve l’Inspection des Services judiciaires et pénitentiaires. Il devient ensuite procureur général près la Cour d’appel de Bouaké, fonction qu’il exerce de 2004 à 2011. De retour au ministère de la Justice, il occupe à nouveau plusieurs fonctions de directeur de cabinet entre 2011 et 2014.
Depuis mars 2014, il était Inspecteur général des Services judiciaires et pénitentiaires. À ce titre, il a également présidé plusieurs instances disciplinaires et administratives, notamment les conseils de discipline des services pénitentiaires et des greffiers.
Un magistrat, mais aussi un écrivain
Au-delà de la magistrature, Fodjo Kadjo Abo s’est également illustré dans le domaine littéraire. Écrivain, il compte quatorze ouvrages publiés aux éditions L’Harmattan, parmi lesquels Pour un véritable réflexe patriotique en Afrique, Que reste-t-il de l’autorité en Afrique ?, Au nom de la politique, Aventure suicidaire, Mon grand-père me disait, L’Apocalypse n’a pas eu lieu et Ma grand-mère me disait…
Il est également l’auteur d’une soixantaine d’articles publiés sur son blog et co-auteur de l’ouvrage collectif Penser la réconciliation pour panser la Côte d’Ivoire, paru en 2015.
Son parcours comprend par ailleurs des responsabilités dans plusieurs institutions et structures. Il a notamment été formateur à l’École de la magistrature et des professions judiciaires d’Abidjan, membre du conseil d’administration du Burida, ainsi que président de cette institution.
Son engagement lui a valu plusieurs distinctions, dont les grades de commandeur de l’Ordre du mérite de la Justice et de l’Ordre du mérite de la Fonction publique, ainsi que celui d’officier de l’Ordre national. Il a également reçu plusieurs récompenses dans le domaine littéraire.
Chef d’Adoumkrom, Fodjo Kadjo Abo est marié et père de six enfants. Avec sa nomination à la tête du Conseil supérieur de la magistrature, il prend désormais les rênes d’une institution au cœur de l’organisation et de la gouvernance de la magistrature ivoirienne.

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