La crise qui secoue la filière cacao depuis le lancement de la campagne 2025-2026 continue de susciter de vives réactions sur la scène politique. Dans une déclaration rendue publique, le Parti des peuples africains–Côte d’Ivoire (PPA-CI) a dénoncé ce qu’il qualifie de « mauvaise gouvernance » du régime RHDP, accusé d’avoir plongé les planteurs dans une précarité sans précédent.
Selon le PPA-CI, malgré la fixation du prix bord champ à 2 800 FCFA/kg au 1er octobre 2025, la campagne cacaoyère a démarré de façon timide, avant de se transformer en une crise profonde affectant l’ensemble de la chaîne de commercialisation. Le parti d’opposition relève notamment que les arrivées de fèves dans les ports d’Abidjan et de San Pedro ont enregistré une chute de plus de 50 % au début de la campagne, signe avant-coureur d’un dysfonctionnement majeur.
Aujourd’hui, des dizaines de camions-remorques chargés de cacao, représentant plus de 123 000 tonnes selon les chiffres officiels, seraient bloqués au port d’Abidjan depuis le mois de décembre. Une situation que le Directeur général du Conseil café-cacao a qualifiée de fraude, évoquant des cargaisons « sans connaissement ».
Pour le PPA-CI, quel que soit le qualificatif employé, cette situation pénalise avant tout les planteurs, contraints de vendre leurs produits à vil prix ou à crédit, dans un contexte de fortes pressions financières liées notamment à la rentrée scolaire et aux fêtes de fin d’année.
Face à l’ampleur de la crise, le gouvernement a annoncé le rachat du stock résiduel pour un montant de 280 milliards de FCFA. Une mesure jugée « insuffisante et non structurelle » par le PPA-CI, qui estime que le coût réel de l’opération dépasserait 350 milliards de FCFA si l’achat se faisait au prix effectif de 2 900 FCFA/kg auprès des coopératives et acheteurs.
Dans son analyse, le parti dirigé par Laurent Gbagbo pointe plusieurs causes à la crise actuelle.
Il accuse le régime RHDP d’avoir fixé un prix bord champ élevé dans un contexte de baisse des cours mondiaux, dans un but de « propagande électoraliste » à l’approche de la présidentielle de 2025. Le PPA-CI dénonce également le refus des exportateurs d’acheter au prix fixé, le blocage dans la délivrance des connaissements, la faiblesse de la quote-part accordée aux acheteurs, ainsi que l’entrée supposée de cacao en provenance de pays limitrophes sur le marché ivoirien.
Pour le PPA-CI, cette situation est la conséquence directe d’un triptyque qu’il attribue à la gouvernance du RHDP : la propagande, le mépris des couches les plus vulnérables et la corruption. Le parti estime que les planteurs ont été « sacrifiés » au profit d’annonces politiques sans mécanisme de stabilisation efficace.
En conséquence, le PPA-CI dénonce avec vigueur la gestion actuelle de la filière café-cacao et appelle le gouvernement à mettre en place une solution structurelle et pérenne garantissant un revenu vital aux planteurs.
Il préconise notamment un retour à la libéralisation du prix et au transfert de la commercialisation aux producteurs eux-mêmes, une option qu’il affirme avoir été expérimentée avec succès sous la gouvernance de l’ancien Président Laurent Gbagbo.
Le parti se dit solidaire des planteurs et des autres acteurs de la chaîne cacaoyère, qu’il encourage à mieux s’organiser pour défendre leurs intérêts collectifs, tout en affirmant rester attentif à l’évolution de cette crise qui touche le pilier central de l’économie ivoirienne.
Fulbert Yao

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