Dans une rue d’un quartier populaire d’Abidjan, une poignée de jeunes récure des caniveaux saturés de déchets, près desquels des enfants jouent pieds nus: « tout pays qui veut être développé doit d’abord être propre », assurent ces bénévoles ivoiriens, en guerre contre l’insalubrité et les réticences.
Munis de pelles et râteaux multicolores, ils sont une dizaine à s’être déplacés un dimanche dans la zone d’Attécoubé pour « montrer l’exemple », souligne Mickaël Yao, 22 ans, un masque chirurgical sur le nez, puanteur ambiante oblige.
Ce quartier populaire fait partie du district d’Abidjan, capitale économique ivoirienne de plus de 6 millions d’habitants, en croissance accélérée, et qui produit chaque jour au moins 4.500 tonnes d’ordures ménagères selon l’Agence nationale de gestion des déchets (Anaged).
Il y a un an, Mickaël Yao a créé l’association « Clean street » (rue propre) en réponse à un constat alarmant: « La plupart des Ivoiriens jettent les ordures dans la rue, et ils trouvent ça normal », dénonce-t-il auprès de l’AFP. « Nos rues ne sont pas des poubelles. »
Depuis, il se fait connaître en Côte d’Ivoire grâce à son compte TikTok qui totalise aujourd’hui près de 50.000 followers. Ses vidéos, vues pour certaines des centaines de milliers de fois, visent à sensibiliser les Ivoiriens à la propreté de l’espace public.
Bouteilles et sacs plastiques, épluchures de fruits, restes de poisson frit ou encore gravats s’amassent à vitesse grand V dans les caniveaux où l’eau ne peut plus circuler, provoquant parfois des inondations spectaculaires en saison des pluies.
Autour des bénévoles qui s’affairent sous un soleil de plomb, les regards sont curieux. Rapidement, des jeunes du quartier interrompent leur match de foot pour leur prêter main forte.
Ce n’est pourtant pas toujours le cas. « Plein de gens se moquent de nous, demandent si on fait ça pour se faire de l’argent », glisse Mickaël Yao, qui passe actuellement son baccalauréat en candidat libre.
Il dit avoir eu un déclic en voyageant au Ghana voisin, ou encore au Bénin, dans la capitale économique Cotonou, dont certains quartiers sont des modèles de propreté en Afrique de l’Ouest.
« J’ai vu que ces pays étaient propres, alors pourquoi pas nous? », lance-t-il.
– « de génération en génération » –
Son association compte désormais plus d’une soixantaine de membres. Des jeunes, principalement, qui selon Mickaël sont les plus faciles à sensibiliser car en Côte d’Ivoire, les personnes plus âgées considèrent comme un « manque de respect » qu’on leur dise quoi faire.
Une fois le nettoyage terminé, les bénévoles enchaînent avec du porte-à-porte.
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