Vente de terrains, agro-business, placements d’argent, systèmes de réseau… Les affaires se succèdent, les noms changent, mais les mécanismes restent souvent les mêmes. Des Ivoiriens investissent leurs économies dans des projets présentés comme des occasions exceptionnelles, avant de découvrir parfois que la réalité ne correspond pas aux promesses. Pourquoi ces pièges continuent-ils de fonctionner ?
La première raison est simple : les gens veulent réussir. Beaucoup veulent avoir leur maison, acheter un terrain, préparer l’avenir de leurs enfants ou améliorer leur situation. Cette envie est normale. Mais elle peut aussi rendre certaines personnes moins prudentes face à une offre qui promet de gagner beaucoup d’argent.
C’est souvent comme ça que le piège commence. On présente une affaire comme une occasion qu’il ne faut surtout pas rater. On parle de gros bénéfices, de personnes qui ont déjà gagné de l’argent, de terrains bien situés ou de projets qui vont rapporter beaucoup.
Le problème, c’est que beaucoup regardent d’abord ce qu’ils peuvent gagner avant de chercher à savoir où va leur argent.
Dans les affaires de terrains, par exemple, certains acheteurs se contentent des paroles du vendeur ou d’un reçu. Ils ne prennent pas toujours le temps de vérifier les documents, le propriétaire réel de la parcelle ou la situation du terrain.
Même chose dans l’agro-business. Une belle plantation, quelques images sur Internet et la promesse de revenus importants peuvent facilement convaincre. Mais voir une plantation en photo ne veut pas dire que l’investissement est sûr.
Il y a aussi le phénomène du « quelqu’un m’a envoyé ». Un ami, un frère, une connaissance ou un collègue recommande une affaire. Comme on connaît la personne, on lui fait confiance. Et parfois, on investit simplement parce que plusieurs personnes autour de nous l’ont déjà fait.
Quand tout le monde parle d’une affaire, on finit par croire qu’elle est forcément bonne.
Les réseaux sociaux ont encore renforcé ce phénomène. Aujourd’hui, une personne très connue peut présenter un projet à des milliers de personnes en quelques minutes. Une vidéo, quelques témoignages et des images de réussite peuvent donner l’impression que tout est sérieux.
C’est là qu’il faut être prudent. Être connu ne veut pas dire être expert. Avoir beaucoup d’abonnés ne garantit pas qu’un projet est fiable. Une personnalité peut avoir une grande audience sans connaître le droit foncier, la finance, l’agriculture ou le fonctionnement réel d’une entreprise.
Les récentes affaires judiciaires impliquant certaines personnalités connues des réseaux sociaux montrent d’ailleurs qu’il faut éviter de confondre célébrité et garantie. Dans l’affaire actuellement examinée par la justice, plusieurs personnes sont mises en cause dans une information judiciaire portant notamment sur des faits d’escroquerie, d’abus de confiance et de blanchiment. Il faut le rappeler : être mis en cause ne signifie pas être coupable. La justice doit encore établir les responsabilités de chacun.
Mais ces affaires doivent pousser à une réflexion : pourquoi faisons-nous parfois plus confiance à une personne connue sur Internet qu’à des documents officiels ?
Avant de donner son argent, quelques questions simples peuvent pourtant éviter beaucoup de problèmes : Qui est derrière le projet ? Où va mon argent ? Quels sont les documents ? Qui possède réellement le terrain ? Quelle entreprise reçoit mon argent ? Quelles sont les garanties ?
Il faut surtout se méfier des affaires qui promettent de devenir riche rapidement. Quand quelqu’un vous dit que vous allez gagner beaucoup d’argent sans prendre de risque, il faut prendre le temps de réfléchir.
Au fond, les Ivoiriens ne se font pas toujours piéger parce qu’ils sont naïfs. Ils se font parfois piéger parce qu’ils veulent croire à une meilleure vie. Et ceux qui montent ces affaires savent très bien jouer sur cet espoir.
Le plus important est donc de ne pas seulement écouter la promesse. Il faut vérifier avant de payer.
David Kouassi

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