L’Université Nangui Abrogoua (UNA) a donné, le mardi 02 décembre 2025 dernier, le coup d’envoi d’un projet de recherche majeur qui pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire agricole du pays.
Porté par une équipe scientifique déterminée et financé par le Fonds pour la Science, la Technologie et l’Innovation (FONSTI), ce programme ambitionne de mettre au point un biopesticide à large spectre issu de trois plantes locales, sélectionnées pour leurs propriétés reconnues dans la pharmacopée ivoirienne.
Dans une salle de conseil comble, où universitaires, acteurs institutionnels et porteurs de projets se sont côtoyés, l’atmosphère était à la fois studieuse et résolument tournée vers l’innovation. Tous étaient réunis autour d’un même défi : imaginer une protection des cultures plus saine, capable de réduire la dépendance aux pesticides chimiques, dont les effets nocifs sur la santé humaine, les sols et les denrées alimentaires sont désormais avérés.
Grâce à une enveloppe de 44 999 560 FCFA octroyée dans le cadre de l’appel à projets FONSTI-ODD, le programme s’étendra sur 36 mois.
Il est coordonné administrativement par la Professeure Yoboué Véronique, Présidente de l’UNA, et dirigé scientifiquement par le Docteur Ouattara Katinan, enseignant-chercheur engagé de longue date dans les problématiques de durabilité agricole.
Au-delà du développement d’un biopesticide innovant, le projet vise à offrir aux agriculteurs des solutions de protection adaptées, efficaces et respectueuses de l’environnement. L’objectif est clair : améliorer la productivité maraîchère tout en réduisant les pertes pré- et post-récolte, un enjeu crucial pour les exploitations familiales fortement exposées aux aléas phytosanitaires.
Le programme déploiera une série d’actions allant de l’expérimentation en conditions paysannes à l’analyse des impacts du biopesticide sur la santé des cultures et les rendements. Une attention particulière sera portée à la perception des agriculteurs, condition essentielle pour une adoption durable des innovations.
« La recherche de solutions fondées sur notre biodiversité locale n’est pas seulement opportune, elle est stratégique », a souligné le Professeur Konin Sévérin, représentant du Secrétaire Général du FONSTI.
Il a réaffirmé « le soutien continu du Fonds aux initiatives alliant rigueur scientifique, innovation et impact sociétal ».
La cérémonie a réuni plusieurs figures majeures de l’UNA , le Professeur Tiho Seydou, Vice-Président chargé de la Pédagogie et de la Vie Universitaire, le Professeur Karamoko Yahaya, Vice-Président chargé de la Recherche et de l’Innovation, les enseignants-chercheurs, doctorants, étudiants et bénéficiaires de projets.
Tous ont salué l’engagement de la Présidente Yoboué, particulièrement investie dans la coordination administrative du projet. Cette dernière a exprimé sa gratitude envers le FONSTI : « Votre appui permet à notre université de porter des projets innovants à fort impact sur le développement national. »
Lors de la présentation du projet, le Dr Ouattara Katinan a détaillé les approches de sélection des plantes, les protocoles expérimentaux envisagés et les perspectives de valorisation. Une session d’échanges nourris a permis d’enrichir les orientations scientifiques, preuve de l’intérêt qu’inspire cette recherche transverse, à la croisée de la botanique, de l’agronomie et des sciences environnementales.
La clôture officielle a été assurée par le Professeur Karamoko Yahaya, qui a salué une initiative exemplaire, « porteuse d’avenir pour une agriculture ivoirienne durable et compétitive ».
En trois heures et demie , l’Université Nangui Abrogoua a posé les bases d’un projet susceptible de révolutionner les pratiques maraîchères. Si les résultats attendus se confirment, la Côte d’Ivoire pourrait bientôt compter sur une alternative locale, sûre et écologique aux pesticides de synthèse.
Un pas de plus vers une agriculture qui nourrit sans nuire et un exemple fort du rôle que peut jouer la recherche publique dans le développement national.

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