La Côte d’Ivoire veut inscrire durablement sa recherche scientifique dans la modernité. Les 15 et 16 décembre 2025, chercheurs, décideurs publics, experts du numérique et responsables d’institutions se sont donné rendez-vous à l’Hôtel Suprême de Grand-Bassam, à l’occasion d’un atelier stratégique consacré à la gouvernance scientifique et à l’intégration des technologies émergentes.
L’Objectif est de repenser le financement, l’exécution et l’évaluation de la recherche nationale à l’aune des nouveaux outils numériques.
Fragmentation des informations, lourdeurs administratives, faible harmonisation des pratiques, difficultés de suivi des projets et visibilité internationale limitée : le diagnostic du système national de recherche est sans appel. Face à ces contraintes, l’intégration de technologies telles que l’intelligence artificielle, le big data, la blockchain ou encore les plateformes numériques apparaît comme une réponse incontournable. « Intégrer ces solutions dans notre système de recherche n’est plus une option, mais une priorité nationale », a insisté le Dr Sangaré Yaya, Secrétaire général du Fonds pour la Science, la Technologie et l’Innovation (FONSTI).
Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire général du FONSTI a rappelé le rôle central de la gouvernance scientifique dans le développement du pays. « Elle détermine la qualité de nos productions scientifiques, la transparence de nos mécanismes de financement et la capacité de nos institutions à répondre aux priorités nationales », a-t-il souligné. Pour lui, les technologies émergentes offrent des opportunités inédites : digitalisation du cycle de financement, suivi en temps réel des projets, évaluation fondée sur les données et renforcement de la redevabilité.
Du côté des universitaires, les attentes sont à la hauteur des enjeux. Maître de conférences en biotechnologie végétale à l’Université Jean-Laurent Guédé, Yaposopi Edvige épouse Mbya voit dans cette dynamique une chance historique. « Les avancées technologiques vont transformer l’écosystème de la recherche, nous interconnecter au monde entier et nous permettre d’évoluer au-delà du basique », a-t-elle déclaré. Elle espère surtout que les recommandations issues de l’atelier seront effectivement mises en œuvre afin de booster les universités ivoiriennes dans les classements africains et internationaux.
Panels de haut niveau, travaux de groupes et échanges interactifs ont permis d’identifier des mécanismes concrets pour moderniser la gouvernance scientifique, renforcer l’intégrité des recherches et améliorer l’impact des résultats sur les politiques publiques. À terme, une feuille de route nationale et des recommandations institutionnelles devraient baliser le chemin vers un système de recherche plus performant, transparent et souverain.
À Grand-Bassam, la Côte d’Ivoire a clairement affiché son ambition : faire de la science et de l’innovation des leviers majeurs de son développement.
Josué Koffi

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