En se rendant à l’usine de traitement d’eau de Songon, le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Amédé Koffi Kouakou, a voulu envoyer un signal clair : la question de l’accès à l’eau potable est désormais une priorité gouvernementale. Le message est fort. Mais pour les populations confrontées chaque jour aux pénuries, aux baisses de pression et aux coupures répétées, les visites de terrain et les déclarations d’intention ne peuvent plus suffire.
Lorsque le ministre affirme que « d’ici la fin de l’année, beaucoup de choses vont changer », il engage non seulement son département ministériel, mais aussi la crédibilité de l’action publique. Car l’eau potable n’est pas un luxe. Elle est un droit fondamental, un besoin vital, et un indicateur majeur du niveau de développement d’un pays.
Le cas de Songon est révélateur. Cette usine, alimentée par une quinzaine de forages, produit 47 000 m³ d’eau par jour. Une capacité importante, mais fragilisée par l’urbanisation galopante qui menace les zones de captage. Voilà un problème connu depuis des années : la pression foncière avance souvent plus vite que la planification urbaine. Aujourd’hui, le gouvernement semble vouloir y remédier en envisageant de déclarer d’utilité publique les zones concernées. C’est une décision salutaire, à condition qu’elle soit rapidement mise en œuvre.
Mais la véritable interrogation reste ailleurs : pourquoi l’eau produite n’arrive-t-elle pas toujours aux ménages ? Le ministre lui-même reconnaît des dysfonctionnements. Fuites sur les réseaux, canalisations vétustes, branchements anarchiques, mauvaise répartition… les causes sont multiples. Et ce constat montre que le défi n’est pas seulement de produire davantage d’eau, mais de mieux distribuer celle qui existe déjà.
Les Ivoiriens attendent donc des actes concrets : réhabilitation des réseaux, sécurisation des forages, modernisation des infrastructures, transparence sur les travaux engagés et calendrier précis des améliorations promises. Les tournées ministérielles sont utiles si elles débouchent sur des solutions visibles et rapides.
Il faut également saluer la volonté affichée d’étendre les inspections à Abidjan, Yamoussoukro et à l’ensemble du territoire national. Car la crise de l’eau ne touche pas que la capitale économique. De nombreuses localités de l’intérieur vivent les mêmes difficultés, parfois dans des conditions plus critiques encore.
David Kouassi

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