Arthur Banga remet les pendules à l’heure. L’historien et enseignant-chercheur Dr Arthur Banga a vivement réagi à une déclaration du secrétaire général de l’ADCI Roger Youan, selon laquelle la Côte d’Ivoire aurait été plus développée que la Chine dans les années 1970.
Dans une publication, Dr Arthur Banga invite à replacer la Chine dans son contexte historique. Pour lui, réduire la puissance chinoise à son seul PIB par habitant conduit à une lecture biaisée de la réalité. Il rappelle que la Chine était déjà, dans les années 1970, une puissance démographique, scientifique, militaire et diplomatique majeure, dotée notamment de l’arme nucléaire et d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.
L’historien cite également plusieurs indicateurs sociaux qui, selon lui, témoignaient déjà de l’avance chinoise. Il évoque notamment l’espérance de vie, le taux d’alphabétisation, la mortalité infantile et le nombre d’ingénieurs. « En fait, les défenseurs de cette position s’appuient sur une seule donnée : le PIB par habitant », déplore-t-il, estimant qu’une telle comparaison revient à confondre richesse individuelle et puissance globale.
Dr Banga rappelle par ailleurs les épreuves traversées par la Chine au cours du XXe siècle, notamment l’invasion japonaise, la guerre civile, le Grand Bond en avant et la Révolution culturelle. Des épisodes qui, selon lui, ont longtemps empêché l’expression du potentiel économique du pays. Il souligne ensuite le tournant opéré avec les réformes engagées sous Deng Xiaoping, qui ont progressivement ouvert l’économie chinoise et favorisé son essor.
Pour l’universitaire, la Côte d’Ivoire doit surtout tirer des enseignements de l’expérience chinoise. Il préconise notamment davantage de transfert de technologies dans les contrats conclus avec les partenaires étrangers et une véritable intégration africaine. « Jamais la Côte d’Ivoire ne pourra se comparer à la Chine, mais l’Afrique de l’Ouest, voire l’Afrique… oui », soutient-il.
Dr Arthur Banga s’est également prononcé sur la question du don de riz chinois, évoqué dans le débat. Il rappelle que la coopération entre Abidjan et Pékin s’est notamment développée autour de l’agriculture et du riz, avec la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays en 1983.
David kouassi

Discussion about this post