L’arrestation de Justin Koné Katinan continue de susciter des réactions au sein de l’opposition ivoirienne.
Après le PPA-CI et plusieurs autres voix de l’opposition, Danièle Boni-Claverie est montée au créneau.
Dans une déclaration, la présidente de l’Union républicaine pour la démocratie (URD) dénonce ce qu’elle considère comme une pression exercée sur les voix dissidentes et appelé les autorités à privilégier le dialogue.
« Trop, c’est trop ! », a-t-elle lancé d’entrée, exprimant sa préoccupation après l’arrestation du 4ᵉ vice-président du PPA-CI.
Pour l’ancienne ministre, la compétition politique ne doit pas, selon elle, devenir un moyen d’intimider ou de neutraliser ceux qui ne partagent pas les positions du pouvoir.
Danièle Boni-Claverie dit avoir appris « avec consternation, mais sans surprise réelle » l’arrestation de Koné Katinan. Elle affirme que cette affaire nourrit son inquiétude quant à la situation des libertés publiques et au fonctionnement des institutions.
La présidente de l’URD insiste notamment sur la nécessité de préserver la liberté d’expression et le droit de chaque citoyen à questionner l’action du gouvernement. À ses yeux, le respect des institutions ne saurait signifier le renoncement au débat ou à la critique de l’action publique.
Elle appelle ainsi à une justice qui puisse, selon elle, exercer ses missions « en toute indépendance, hors de toute pression politique ». Pour Danièle Boni-Claverie, l’enjeu dépasse d’ailleurs le seul cas de Koné Katinan. C’est, estime-t-elle, la crédibilité des institutions, notamment du système judiciaire, qui serait en jeu.
Dans sa déclaration, l’opposante évoque également plusieurs sujets de préoccupation sociale et économique. Elle cite notamment l’orpaillage clandestin, la cherté de la vie, le prix du cacao, les difficultés rencontrées par certains paysans ainsi que les déguerpissements qu’elle juge excessifs.
Autant de facteurs qui, selon elle, alimenteraient un malaise dans le pays. « Les Ivoiriens sont fatigués », affirme-t-elle, estimant que la population aspire davantage à l’apaisement et au règlement des problèmes du quotidien qu’à des tensions politiques permanentes.
Tout en exprimant fermement son opposition à ce qu’elle qualifie de répression, Danièle Boni-Claverie assure que son combat demeure démocratique et républicain. Elle affirme, au nom de l’opposition, refuser la violence, la haine et la vengeance.
Elle demande toutefois que les droits des citoyens soient préservés, indépendamment de leurs opinions, de leurs engagements ou de leur appartenance politique.
Pour la présidente de l’URD, le pouvoir doit désormais entendre « le malaise qui gronde et couve dans le pays ». Elle invite donc le gouvernement à prendre des mesures d’apaisement, notamment en faisant baisser la tension et en favorisant la liberté de parole.
« Nous ne voulons pas d’une Côte d’Ivoire qui replonge dans les affrontements politiques », fait-elle valoir, appelant les acteurs politiques à privilégier le dialogue à la confrontation.
David kouassi

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