Considéré par l’auteur comme une véritable « école de la vie », le nouvel ouvrage du Dr Ambroise Kessié bouscule les idées reçues sur le monde des affaires. De passage dans la cité du Fromager, ce capitaine d’industrie explique comment l’ingéniosité et la rigueur de gestion peuvent transformer le tissu économique local, et exhorte la jeunesse de Gagnoa à prendre son destin en main sans attendre d’aide providentielle.

L’Oeil d’Abidjan : Bonjour Dr Ambroise Kessié. Vous avez présenté recemment à Gagnoa votre nouvel ouvrage intitulé « Entrepreneuriat : Quand les idées se substituent au capital ». Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?
Dr Ambroise Kessié : Bonjour. Ce livre est avant tout un partage d’expérience. En tant que chef d’entreprise issu d’un milieu modeste, j’ai voulu ouvrir une véritable « école de la vie » pour le grand public. Mon objectif est de démystifier le monde des affaires et de donner des clés concrètes à ceux qui n’osent pas se lancer.
L’Oeil d’Abidjan : Le titre de votre livre est très fort. Vous affirmez que les idées comptent plus que l’argent pour réussir. C’est un message à contre-courant ?
Dr Ambroise Kessié : Totalement, et c’est pourtant la réalité du terrain. On exhorte souvent les jeunes à entreprendre, mais le premier réflexe est de dire : « Je ne peux rien faire parce que je n’ai pas de financement ». À travers mon parcours, je veux leur prouver le contraire. Les ressources financières ne sont pas le premier pilier de la réussite. Le véritable moteur, c’est l’ingéniosité. L’argent court toujours après les bonnes idées, jamais l’inverse.
L’Oeil d’Abidjan: Justement, vous choisissez de mettre cet ouvrage en avant ici, dans la cité du Fromager. Quel message spécifique souhaitez-vous adresser à la jeunesse de Gagnoa ?
Dr Ambroise Kessié : La jeunesse de Gagnoa déborde d’énergie et de talent, mais elle souffre parfois d’un manque de repères ou se laisse décourager par le chômage local. Je suis venu leur dire de ne pas attendre que tout vienne de l’État ou d’un financement providentiel. Gagnoa possède un fort potentiel agricole, commercial et touristique. Nos jeunes doivent observer leur environnement, identifier les problèmes non résolus de la région, et proposer des solutions. C’est cela, le point de départ de l’entrepreneuriat.
L’Oeil d’Abidjan : Concrètement, comment un jeune d’un quartier de Gagnoa, sans un sou en poche, peut-il appliquer votre méthode dès demain ?
Dr Ambroise Kessié : Il doit commencer là où il se trouve, avec ce qu’il a. Si vous avez une idée forte, par exemple, améliorer la distribution d’un produit local ou proposer un service de proximité défaillant, commencez petit. Utilisez la confiance de votre entourage, bâtissez des partenariats basés sur votre intégrité. Quand j’ai débuté dans l’enseignement et les affaires ici même à Gagnoa, je n’avais pas de millions. C’est le sérieux et la pertinence de mes projets qui ont fini par convaincre les partenaires économiques de me suivre.

L’Oeil d’Abidjan : Si le capital financier passe au second plan, quelles sont alors les qualités indispensables pour que cette jeunesse réussisse ?
Dr Ambroise Kessié : La clé du succès réside dans un triptyque simple mais exigeant : la clarté de la vision, la persévérance et une discipline de gestion absolue. Il faut aussi accepter de se former et de s’auto-éduquer. Quand vous avez une vision nette et une rigueur à toute épreuve, la force de vos idées suffit à surmonter l’absence de fonds initiaux. C’est ce message d’espoir et de responsabilité que je veux insuffler à chaque jeune du Gôh.
Si vous le souhaitez, nous pouvons encore.
Guyssoh Kanégnon a Gagnoa.

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