L’assassinat du jeune Malick à Abobo Belleville (nord d’Abidjan) ne doit pas être considérée comme un simple fait divers. Elle met en lumière un phénomène plus profond qui gagne des quartiers d’Abidjan : la violence sous l’effet du groupe.
Le groupe est devenu aujourd’hui en Côte d’Ivoire un espace de violence.
Les jeunes se mettent en groupe pour agresser. En groupe pour consommer de la drogue. En groupe pour s’affronter à coups de machettes. En groupe encore pour aller tabasser ou intimider des personnes, parfois sur instruction de certains individus. En groupe pour se jouer les syndicalistes et exercer la violence physique sur nos routes.
Derrière ces actes, c’est aussi la question de l’influence exercée par les pairs qui se pose. Le besoin d’appartenir à un groupe, de s’y faire accepter ou de prouver sa loyauté peut conduire certains jeunes à participer à des actes dont les conséquences peuvent être dramatiques, voire irréversibles.
Il devient donc urgent de ne pas attendre qu’un nouveau drame survienne pour agir. La réponse doit passer par une sensibilisation accrue des jeunes, mais aussi par l’implication des parents, des éducateurs, des associations et des acteurs communautaires.
Car le groupe peut être une force extraordinaire lorsqu’il est orienté vers des objectifs positifs. Le même esprit collectif qui pousse certains à la violence peut être mobilisé pour le sport, la culture, l’éducation, l’entrepreneuriat ou les actions citoyennes.
L’enjeu est donc de parvenir à inverser la dynamique : apprendre aux jeunes à ne plus suivre le groupe dans ce qu’il a de plus dangereux, mais à l’entraîner vers ce qu’il peut avoir de meilleur. Parce qu’un groupe ne devrait jamais être un lieu où l’on apprend à détruire, mais un espace où l’on apprend à construire.
David kouassi

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