Le dialogue a finalement pris le dessus à Korhogo. À l’initiative du député-maire Lassina Ouattara, une rencontre de concertation entre les populations, les autorités locales et la Police nationale s’est tenue le 26 avril 2026 dans un hôtel de la ville. Objectif : apaiser les tensions nées des violences survenues le 18 avril au quartier Haoussabougou.
Ces incidents faisaient suite à des affrontements entre usagers et policiers dans le cadre des contrôles de documents administratifs en cours sur l’ensemble du territoire national. La situation avait créé un climat de crispation entre jeunes du quartier et forces de l’ordre.
Au cours des échanges, parfois francs et animés, chaque partie a pu exprimer librement ses préoccupations. Les responsables de la police ont dénoncé plusieurs actes d’incivisme récurrents, notamment le non-respect du code de la route, les refus d’obtempérer et les parades motorisées jugées dangereuses.
De leur côté, des jeunes et leaders communautaires ont évoqué des comportements inappropriés de certains agents, citant des cas présumés de corruption, des contrôles inopinés à l’origine d’accidents ainsi que le coût jugé élevé des documents administratifs exigés pour les engins à deux roues.
En présence des autorités administratives, du préfet de police, des commissaires, des chefs traditionnels et de nombreux habitants, les discussions ont permis de revenir sur les faits ayant déclenché la crise. Selon la vidéo projetée lors de la rencontre, les policiers intervenus après un accident impliquant deux motocyclistes auraient d’abord porté assistance aux blessés avant d’envisager la mise en fourrière des engins. Une intervention mal interprétée par certains jeunes, provoquant ensuite des heurts et l’usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.
Face à cette situation, Lassina Ouattara a lancé un appel au calme, à la responsabilité et au respect mutuel, qu’il considère comme indispensables à la préservation de la paix et de la cohésion sociale dans la cité du Poro.
À l’issue de la rencontre, plusieurs décisions ont été prises, notamment le renforcement des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière, le don de 10 000 casques aux conducteurs d’engins et la création d’un comité de suivi chargé de veiller à l’application des recommandations formulées.
Ally Ouattara, correspondant régional.

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