Le récent démenti de Office ivoirien des chargeurs (OIC) sur son implication présumée dans la reprise des escortes groupées de camions remet en lumière : le flou persistant qui entoure l’organisation du transport de marchandises sur les corridors ivoiriens.
L’OIC affirme n’être « ni initiateur, ni organisateur, encore moins associé » à cette opération évoquée sur les réseaux sociaux par certains syndicats de conducteurs.
Pourtant, derrière ce démenti se cache un malaise plus profond : celui d’un secteur stratégique où les responsabilités, les décisions et les initiatives semblent parfois se diluer dans une zone grise.
Comment expliquer, en effet, que des informations aussi sensibles aient pu circuler avec autant d’assurance, au point de faire croire à une implication d’une structure officielle ?
Cette situation traduit un déficit de lisibilité dans la gouvernance des corridors. Entre les syndicats, les opérateurs privés, les structures publiques et l’autorité de tutelle qu’est le Ministère des Transports, la chaîne de décision apparaît peu claire pour les acteurs du terrain.
Dans un secteur où la prévisibilité et la coordination sont essentielles, l’incertitude devient un facteur de désorganisation. Les transporteurs ne savent plus à quelle source se fier, les initiatives parallèles se multiplient, et les rumeurs prennent le pas sur l’information officielle. À terme, c’est la crédibilité même des institutions qui se retrouve fragilisée.
La question des escortes groupées de camions est particulièrement révélatrice de cette confusion. S’agit-il d’une mesure sécuritaire ponctuelle ? D’un dispositif structuré en cours de validation ? Ou simplement d’une initiative informelle portée par certains acteurs ? En l’absence d’une communication claire et centralisée, toutes les interprétations deviennent possibles.
Or, dans une économie comme celle de la Côte d’Ivoire, où les corridors jouent un rôle vital dans l’approvisionnement des marchés et les échanges sous-régionaux, ce type d’ambiguïté ne peut être durablement toléré. Le transport de marchandises ne peut fonctionner efficacement dans un climat d’incertitude permanente.
Le démenti de l’OIC, aussi ferme soit-il, ne règle donc pas le problème de fond. Il souligne plutôt l’urgence de clarifier les rôles, de structurer les circuits de décision et de renforcer les mécanismes de communication officielle. Sans cela, chaque nouvelle initiative, réelle ou supposée, continuera d’alimenter la confusion.
David kouassi

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