Le climat politique se tend davantage en Guinée. À la suite de la décision des autorités de dissoudre une quarantaine de partis politiques pour manquements à leurs obligations légales, l’opposant guinéen Cellou Dalein Diallo hausse le ton et appelle à une mobilisation contre ce qu’il qualifie de dérive autoritaire.
Dans un message adressé dimanche aux responsables, militants et sympathisants de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), ainsi qu’à l’ensemble des citoyens guinéens, l’ancien Premier ministre a dénoncé une mesure qu’il considère comme une atteinte grave à la démocratie.
Pour lui, la Guinée traverse « une étape critique de son histoire », marquée par des menaces sur le vivre-ensemble et l’avenir commun. Estimant que les discours ne suffisent plus face à la situation politique actuelle, Cellou Dalein Diallo appelle à des actions capables d’apporter « les changements espérés par le peuple ».
L’opposant n’a pas manqué de pointer du doigt les autorités issues de la transition ouverte après la prise du pouvoir par les militaires le 5 septembre 2021. Selon lui, cette période marque « le début d’un déclin national » caractérisé par une restriction des libertés publiques et des violations des droits humains.
Dans sa déclaration, il accuse notamment le régime dirigé par le général Mamadi Doumbouya d’installer progressivement un système politique verrouillé. La dissolution de plusieurs formations politiques, dont certaines parmi les plus influentes du pays, viserait selon lui à « effacer du paysage politique toutes les forces susceptibles de porter ombrage à un parti-État en formation » et à imposer « la pensée unique ».
Face à ce qu’il qualifie de « régime d’exception », Cellou Dalein Diallo appelle les militants de l’UFDG ainsi que « tous les Guinéens épris de liberté et de justice » à se mobiliser pour défendre les acquis démocratiques et œuvrer à un retour à l’ordre constitutionnel.
Dans la nuit de vendredi à samedi, le gouvernement guinéen a annoncé à la télévision nationale la dissolution de quarante partis politiques pour manquements à leurs obligations légales. Un arrêté signé par le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation précise que ces formations perdent immédiatement leur personnalité morale et leur statut juridique.
Parmi les partis concernés figurent notamment l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, le Rassemblement du Peuple de Guinée – Arc-en-ciel (RPG-AEC) de l’ancien président Alpha Condé, ainsi que l’Union des Forces Républicaines (UFR), fondée par Sidya Touré.
Plusieurs de ces figures majeures de l’opposition vivent actuellement hors du pays, dans un contexte politique toujours marqué par la transition ouverte depuis le coup d’État de septembre 2021.
David Kouassi

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