Le Gouvernement ivoirien passe à la vitesse supérieure dans la lutte contre les opérations illégales de remblayage qui menacent les écosystèmes et la sécurité des populations.
Face à la multiplication des pratiques irrégulières observées sur les espaces maritimes, lagunaires et fluviaux du pays, le Premier ministre a décidé de renforcer considérablement le dispositif de contrôle et de surveillance.
Selon une circulaire adressée aux membres du Gouvernement, la préservation du domaine public maritime, lagunaire et fluvial est désormais érigée en priorité nationale.
Les autorités constatent en effet une recrudescence inquiétante des activités de remblayage et de dragage réalisées en violation des dispositions réglementaires et environnementales en vigueur.
Ces pratiques ont déjà engendré plusieurs conséquences néfastes, notamment la dégradation des plans d’eau et des écosystèmes lagunaires, l’aggravation des risques d’inondation et d’érosion, l’occupation anarchique du domaine public ainsi que des atteintes à la sécurité maritime et urbaine.
Pour faire face à cette situation, un Comité interministériel chargé de l’examen, de la régulation et du suivi des opérations de remblayage a été institué sous l’autorité du Premier ministre. Cette structure aura pour mission de coordonner les actions des différentes administrations concernées et de proposer les réformes nécessaires pour un meilleur encadrement du secteur.
Dans l’attente de l’adoption des nouvelles dispositions réglementaires, le Gouvernement ordonne l’arrêt immédiat de toutes les activités de remblayage et de dragage à des fins de remblayage sur l’ensemble du territoire national. Seules les opérations de dragage régulièrement autorisées pour l’approvisionnement en sable destiné aux travaux de construction demeurent autorisées.
La circulaire prévoit également un renforcement des contrôles administratifs, techniques et sécuritaires sur les sites sensibles, ainsi que la saisie systématique des équipements utilisés dans le cadre d’opérations illégales. Les Forces de défense et de sécurité, les collectivités territoriales et les services techniques compétents sont appelés à se mobiliser pour assurer l’application rigoureuse de ces mesures.
Le ministre chargé des Infrastructures a été désigné chef de file du Comité interministériel. Il devra coordonner, en liaison avec les différents ministères concernés, la mise en œuvre des mesures arrêtées par le Gouvernement et conduire les réflexions relatives aux réformes administratives, techniques, fiscales et réglementaires du secteur.
Un rapport assorti de propositions concrètes est attendu dans un délai de deux mois. À travers cette décision, l’État réaffirme sa volonté de protéger durablement son patrimoine naturel, de préserver l’équilibre des écosystèmes et de garantir un développement harmonieux du territoire national.
David kouassi

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