La convention de transfert de propriété du Djidji Ayokwè a été signée, vendredi 20 février 2026 à Paris, par la ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, et les autorités françaises, marquant une étape décisive dans le processus de restitution de ce symbole ancestral du peuple Atchan.
La cérémonie s’est tenue au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, où était conservé le tambour parleur depuis plus d’un siècle.
Prenant la parole à cette occasion, la ministre a inscrit cet acte dans une perspective historique forte. « 1916-2026, 110 années d’attente, de mémoire et de résilience. 110 ans qui écrivent aujourd’hui une page mémorielle qui fera date dans l’histoire de notre pays. Aujourd’hui, au Musée du Quai Branly à Paris, c’est chose faite ! Le Djidji Ayokwè revient sur sa terre, auprès des siens, auprès de sa communauté », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que le 6 août 2025, dans son message à la Nation à l’occasion de la fête de l’Indépendance, le Président de la République, Alassane Ouattara, soulignait que « bâtir l’avenir, c’est aussi préserver notre histoire, nos traditions et notre patrimoine culturel », se réjouissant déjà du retour annoncé du Djidji Ayokwè, arraché à sa terre il y a plus d’un siècle.
Selon la ministre, cette restitution est le fruit d’un long processus diplomatique amorcé après la déclaration de Ouagadougou en 2017 du Président français Emmanuel Macron, et consolidé par la demande officielle formulée en 2019 par le Chef de l’État ivoirien.
« Pendant plus d’un siècle, cette voix a été éloignée de sa terre, mais elle n’a jamais cessé d’habiter les cœurs », a-t-elle affirmé, exprimant la reconnaissance de la communauté Atchan et de l’ensemble du peuple ivoirien au Président Alassane Ouattara pour son leadership et sa diplomatie « active et déterminée ».
Mme Remarck a également associé à ces remerciements le Vice-Président de la République, Tiemoko Meyliet Koné, ainsi que le Premier Ministre, Robert Beugré Mambé, pour leur engagement constant dans ce processus.
Elle a salué la présence de plusieurs membres du Gouvernement ivoirien, ainsi que celle de la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, et du Directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany, dont la participation a conféré à l’événement une portée internationale.
Pour la ministre, la signature de la convention de transfert de propriété et l’acte officiel de remise matérialisent « l’aboutissement d’un long processus diplomatique, juridique et culturel » et scellent une coopération entre la France et la Côte d’Ivoire fondée sur « le respect mutuel, la confiance et la reconnaissance de la valeur inestimable de notre patrimoine ».
« Le Djidji Ayokwè est bientôt de retour. Non pas comme un simple objet restitué, mais comme une mémoire retrouvée, une dignité réaffirmée et une voix rendue à son peuple », a-t-elle conclu.
David Kouassi

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