Les zones d’ombre se dissipent peu à peu dans l’affaire des 124 000 seringues jamais livrées, malgré un paiement de 252 millions de FCFA effectué par la NPSP-CI.
Au cours d’une audience tenue le mardi 17 mars 2026, l’ex-directeur général de la structure publique a livré une version sans équivoque des faits.
Face au tribunal et aux avocats, il a formellement contesté les déclarations du directeur général de la société Ivoire Seringues Pharma (ISP). « Ce qu’il dit n’est pas vrai. Je n’y crois pas. D’ailleurs, son propre collaborateur le contredit », a-t-il martelé.
Selon lui, la NPSP-CI a été victime d’une supercherie bien orchestrée. « Nous avons été abusés. C’est ce qui explique le paiement effectué. En huit ans de gestion, c’est la première fois qu’une telle situation se produisait », a-t-il précisé, indiquant que c’est grâce aux investigations de l’auditeur interne que la lumière a commencé à être faite sur le dossier.
L’ancien DG réfute également l’argument d’un paiement anticipé avancé par le fournisseur. « Lorsqu’il affirme avoir reçu un règlement anticipé, c’est faux. Une pièce frauduleuse a été introduite dans le système », a-t-il insisté.
Fait notable, ni le directeur général de l’ISP, ni son collaborateur clé – pourtant entendu lors de l’instruction – n’étaient présents à l’audience. Ce dernier avait reconnu avoir établi, à la demande de son supérieur, deux bons de livraison, dont un faux comportant la signature du DG de l’entreprise.
À la barre, l’ex-DG de la NPSP-CI n’a pas varié : « Ce sont les factures introduites par ISP qui ont trompé la vigilance de mes services. »
Interrogeant sur les responsabilités, la présidente du tribunal a posé la question centrale : « À qui profite le crime ? »
Un prévenu a répondu sans détour : « Le fournisseur a exploité les faiblesses du système de la NPSP-CI. »
Autre élément troublant, le faux bon de livraison porte la signature attribuée à un agent contractuel de la NPSP-CI. Appelé comme témoin, ce dernier a catégoriquement rejeté toute implication. « Cette signature n’est pas la mienne. Je ne signe pas ce type de documents. Notre rôle se limite à la réception des produits, suivie de l’établissement d’un procès-verbal et d’une fiche de réception, ensuite signés par le chef de service », a-t-il expliqué.
Des propos confirmés par la responsable du service Réception, également poursuivie dans cette affaire. « Il n’est pas habilité à signer un bon de livraison », a-t-elle soutenu.
Face à ces contradictions, les avocats ont sollicité la comparution du directeur général de l’ISP et de son collaborateur.
Le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au lundi 23 mars 2026 pour les réquisitions et les plaidoiries, dans un dossier qui continue de révéler les failles d’un système mis à rude épreuve.
David Kouassi

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