C’est une question que beaucoup d’Ivoiriens se posent. La réponse mérite des explications car contrairement à une idée largement répandue, ce n’est pas parce qu’un pays produit du pétrole que le carburant y est automatiquement moins cher.
Le prix d’un litre de carburant résulte de plusieurs composantes que sont notamment le coût du pétrole brut, le raffinage, le transport, le stockage, la distribution, les marges des opérateurs… et surtout les taxes et prélèvements de l’État.
Le Niger et la Côte d’Ivoire produisent tous deux du pétrole et disposent chacun d’une raffinerie. Alors, pourquoi une telle différence de prix ? Parce que les deux États n’ont pas fait les mêmes choix.
Le Niger a décidé de maintenir une fiscalité relativement faible sur les carburants et d’intervenir davantage pour soutenir le pouvoir d’achat de sa population.
La Côte d’Ivoire, quant à elle, applique une fiscalité plus importante sur les carburants. Ces recettes servent à financer les investissements publics, les services de l’État, les dépenses sociales et le remboursement de la dette.
Autrement dit, lorsque nous faisons le plein, une part importante de ce que nous payons n’est pas le carburant lui-même, mais des prélèvements destinés au budget de l’État.
Il ne s’agit pas de dire qu’un modèle est forcément meilleur que l’autre. Il s’agit de comprendre que le prix à la pompe est avant tout le résultat d’un choix de politique publique. C’est précisément pour cette raison que le débat mérite d’être transparent.
À chaque révision des prix, les autorités devraient publier la décomposition complète d’un litre de carburant :
– quel est le coût réel du pétrole brut ?
– combien coûte le raffinage ?
– combien représentent le transport et la distribution ?
– quelle est la marge des opérateurs ?
– quelle est la part exacte des taxes et redevances ?
– quel est, le cas échéant, le montant de la subvention accordée par l’État ?
Les citoyens pourraient ainsi distinguer ce qui relève des fluctuations du marché international de ce qui relève des décisions nationales.
La transparence ne fragilise jamais l’action publique. Au contraire, elle renforce la confiance. Le véritable débat n’est donc pas de savoir si la Côte d’Ivoire produit du pétrole.
Le véritable débat est le suivant :
Quelle part du prix des carburants relève des contraintes économiques, et quelle part résulte d’un choix fiscal et budgétaire ?
C’est à cette question que les Ivoiriens sont en droit d’obtenir une réponse claire car la transparence est le meilleur carburant de la confiance
Source: Jean Bonin

Discussion about this post