Depuis plusieurs semaines, les réseaux sociaux, notamment TikTok et Facebook, sont submergés par des témoignages glaçants de violences basées sur le genre (VBG). Au cœur de cette tempête numérique, l’affaire dite « Coach Mehdi » choque et indigne.
Face à l’ampleur des révélations, le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) brise le silence. L’institution dit suivre avec une « vive préoccupation » cette vague de dénonciations qui met en cause des actes graves : agressions verbales, violences physiques et même des accusations de viol visant plusieurs femmes et jeunes filles.
Mais au-delà des faits dénoncés, c’est une autre dérive qui alarme le CNDH : la réaction d’une partie des internautes. Entre moqueries, propos dégradants et tentatives de minimisation, certaines publications viennent, selon l’institution, aggraver la souffrance des survivantes.
« Les réseaux sociaux ne sont pas une zone de non-droit », martèle le Conseil.
S’appuyant sur la Constitution ivoirienne du 8 novembre 2016, le CNDH rappelle que l’État a l’obligation de protéger l’intégrité physique et morale des femmes. Mieux, il met en garde : toute tentative de banalisation ou de justification des violences sexistes en ligne peut entraîner des poursuites, conformément à la loi de 2013 sur la cybercriminalité.
Pour le CNDH, les violences basées sur le genre « brisent des vies » et exigent une réponse centrée sur l’accompagnement et la reconstruction des victimes.
L’institution appelle à des mesures fortes :
- suppression immédiate des contenus portant atteinte à la dignité des survivantes ;
- vigilance accrue des plateformes et des médias ;
- renforcement des actions judiciaires et sociales contre les auteurs.
Tout en saluant la mobilisation des autorités et de la société civile, le Conseil insiste sur un point essentiel : la responsabilité est collective.
David Kouassi

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