L’affaire fait grand bruit. Six employés de la société Codival ont comparu jeudi devant le pôle pénal pour des faits présumés de détournement de carburant, évalués à 113 millions de FCFA.
Cinq d’entre eux sont poursuivis pour abus de confiance portant sur des numéraires, tandis que le sixième, vulganisateur, est accusé de complicité.
À la barre, tous n’ont pas adopté la même ligne de défense.
Si cinq prévenus ont rejeté en bloc les accusations, un seul, H. Nadjé, mécanicien de son état, a choisi de dire sa part de vérité.
Dans une déclaration détaillée, il reconnaît les faits et décrit avec précision un système bien rodé de siphonnage de carburant au sein de l’entreprise.
« Ils sont tous informés », affirme-t-il sans détour, mettant en cause ses co-prévenus.
Selon ses explications, le procédé était simple mais efficace. À chaque plein effectué par l’entreprise, certains employés s’entendaient avec un garage partenaire, lieu habituel des opérations d’entretien des véhicules (changement de pneus, équilibrage, réglage du parallélisme).
« Nous garons les voitures et nous tirons le carburant dans des bidons de 25 litres. Nous vendons un bidon à 10.000 FCFA », explique-t-il à la barre.
H. Nadjé précise que cette pratique ne date pas d’hier. Elle aurait été initiée par d’anciens employés aujourd’hui licenciés, avant d’être poursuivie par ceux restés en poste.
« C’est pour tenir jusqu’à la fin du mois que nous le faisons. Nous sommes pour la plupart des mécaniciens », justifie-t-il.
Toutefois, s’il reconnaît sa participation au siphonnage, il conteste formellement le montant de 113 millions de FCFA mis à sa charge.
« Je reconnais avoir détourné du carburant, mais pas ce montant », insiste-t-il.
Ses déclarations ont visiblement jeté un froid parmi les autres prévenus, qui continuent de nier toute implication. L’un d’eux concède néanmoins un fait isolé : « Je reconnais avoir vendu une fois 25 litres de résidu de carburant à H. Nadjé. Ce jour-là, j’avais un problème de transport pour rentrer chez moi. »
Dans les couloirs, certains observateurs estiment que le mécanicien « a versé le sable dans l’attiéké » de ses coaccusés, en rompant le pacte du silence.
Selon les éléments du dossier, l’affaire remonte à 2025. La direction de Codival, confrontée à des pertes récurrentes de carburant, avait alors décidé de recourir à un détective privé pour surveiller les mouvements de ses véhicules. L’enquête aura finalement permis de mettre au jour ce réseau de siphonnage interne.
Le procès se poursuit, et la juridiction devra démêler les responsabilités dans ce dossier.
David kouassi

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