Natif de Guéyo, précisément du village Ziwayo 1, Zadi Gnagna Théodore est le neuvième enfant d’une fratrie de 18. Fils d’un agent des Travaux publics, considéré comme l’un des premiers fonctionnaires de sa région, et d’une mère ménagère, il grandit dans un environnement où l’effort et la discipline se mêlent à la simplicité de la vie villageoise.
Ses premières années d’école se déroulent à Guéyo, Gagnoa et Lakota avant de rejoindre Fresco pour le premier cycle secondaire, puis Gagnoa pour le second cycle. C’est au Lycée moderne de Gagnoa qu’il obtient son baccalauréat série A2, un sésame qui le propulse vers l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan en 1988. Trois ans plus tard, avec sa Licence d’enseignement en poche, Zadi Gnagna Théodore fait ses premiers pas de professeur de français au collège moderne de Toumodi, avant de gravir les échelons jusqu’au Lycée classique de Cocody, où il est aujourd’hui Inspecteur pédagogique en chef de Lettres modernes.
Mais son parcours dépasse largement le cadre scolaire. Depuis ses débuts, Zadi Gnagna Théodore s’illustre dans la lutte syndicale, un engagement qu’il entame dès 1992 au Syndicat des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire (Synesci). La rencontre décisive avec Guémené Alfred, secrétaire général de l’Udensci, en 1999, le propulse dans le syndicalisme de haut niveau.
Ses combats sont multiples et marquants : du décrochage des enseignants sous le régime militaire de Robert Guéi en 2000 à la défense du profil de carrière en 2002 sous le régime de Laurent Gbagbo, en passant par la bataille historique pour le paiement du stock des arriérés en 2017. Cette grève nationale a permis à plus de 41 000 fonctionnaires d’obtenir une bonification indiciaire, plus de 1 800 agents journaliers d’intégrer la Fonction publique, et la réinstauration des précomptes syndicaux. Plus récemment, sous sa direction, la Confédération Plateforme nationale des travailleurs de Côte d’Ivoire a obtenu la prime historique de fin d’année, un “13e mois” pour les actifs et retraités, une première dans le pays.
De 2000 à 2007, il est Secrétaire général adjoint de l’Udensci, avant d’en devenir le Secrétaire général national jusqu’en 2021. Depuis 2015, il préside la Confédération syndicale Plateforme nationale, une centrale reconnue à l’échelle nationale et internationale pour son implantation et sa force de négociation.
Zadi Gnagna Théodore ne se limite pas au syndicalisme. Attaché au bien-être des travailleurs, il s’investit dans la mutualité sociale. Membre de l’Assemblée générale de la Mugef-ci (2002-2011), il contribue à la création de la mutuelle des personnels du ministère de l’Éducation nationale et, en 2019, fonde la Mutuelle autonome des enseignants de Côte d’Ivoire (Maeci), dont il est aujourd’hui Président du conseil d’administration. Son engagement se consolide par l’obtention d’un Master en Gouvernance mutualiste à l’Université St Quentin de Versailles, et de plusieurs certificats internationaux en sciences politiques, médiation et négociation collective.
Son parcours lui a valu la reconnaissance nationale et internationale : lauréat du Prix ICS du meilleur syndicaliste en 2023 et Commandeur dans l’ordre du mérite de la Fonction publique.
Fervent chrétien de l’Église Winner’s Chapel, marié depuis 36 ans et père de deux enfants, Zadi Gnagna Théodore se définit comme un homme loyal, de conviction et d’action. “Un pas à 100 vaut mieux que 100 pas seul”, telle est sa devise. Son amour de la vie se reflète aussi dans ses goûts : amateur de “gblogblo saka” et de musique Zouglou, il aime rester proche de ses racines.
Aujourd’hui, son combat se concentre sur l’amélioration des conditions des travailleurs ivoiriens : obtention de la prime de fin d’année, revalorisation de l’IRB, réévaluation du SMIG et réforme de la grille salariale. Fidèle à sa réputation, Zadi Gnagna Théodore est l’Iroko, le Djédjé, celui qui a grandi “en secret sous les ronces” mais qui s’impose aujourd’hui comme un pilier du syndicalisme et de la mutualité en Côte d’Ivoire.
David Kouassi

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