Le Front populaire ivoirien (FPI) se félicite de la décision de la CEDEAO de lancer progressivement la monnaie unique ECO à partir de 2027. Le parti estime toutefois que le succès de cette réforme dépendra d’une feuille de route précise et d’une transformation profonde des économies ouest-africaines.
Dans une déclaration signée par son vice-président chargé des Politiques économiques et financières, Guillaume Liby, le parti estime que le choix de faire entrer dans l’union monétaire, dans un premier temps, uniquement les États respectant les critères de convergence macroéconomique constitue une rupture avec les précédentes échéances qui prévoyaient une adhésion simultanée de tous les pays membres.
Le parti estime que cette démarche tient compte des réalités économiques de la région après plus de vingt ans de reports successifs du projet.
Le FPI relève toutefois qu’aucun calendrier opérationnel détaillé n’a encore été présenté pour accompagner cette réforme.
Pour le parti, une telle mutation ne peut se limiter à une déclaration d’intention. Elle doit s’appuyer sur une feuille de route précisant notamment les modalités de création de la future Banque centrale régionale, son mode de gouvernance, le régime de change, les mécanismes de constitution des réserves communes, les procédures de conversion des monnaies nationales ainsi que l’adaptation des systèmes bancaires et des moyens de paiement.
Selon le FPI, la crédibilité de l’échéance de 2027 dépendra autant de cette préparation technique que de la volonté politique des États membres.
Au-delà de la question monétaire, le FPI considère que le véritable défi reste celui de la transformation des économies ouest-africaines.
Le parti rappelle qu’une monnaie commune facilite les échanges et réduit les coûts de transaction, mais qu’elle ne crée pas, à elle seule, les richesses.
« Aujourd’hui, les économies ouest-africaines exportent principalement des matières premières peu transformées et importent une grande partie des biens manufacturés qu’elles consomment », souligne la déclaration.
Pour le FPI, l’ECO ne produira pleinement ses effets que s’il s’accompagne d’une politique ambitieuse d’industrialisation, du développement des chaînes de valeur régionales, de la transformation locale des ressources naturelles, d’investissements dans les infrastructures et de la suppression des obstacles à la libre circulation des biens et des services.
En conclusion, le parti estime que l’annonce de la CEDEAO constitue « une avancée majeure » qu’il convient d’encourager. Il souligne toutefois que « cette révolution monétaire devra impérativement être accompagnée d’une révolution productive » afin que l’ECO devienne un véritable levier de développement économique pour l’Afrique de l’Ouest.
David Kouassi

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