Le Groupe consultatif pour le financement du Plan national de développement (PND) 2026-2030 continue de susciter des réactions. Dans une analyse intitulée « Groupe consultatif pour le financement du PND de la Côte d’Ivoire : la souveraineté en danger », l’ancien ministre Ahoua Don Mello appelle à une réorientation de la stratégie de financement afin de mieux préserver les intérêts nationaux.
Réuni les 8 et 9 juillet 2026 à Abidjan, au Sofitel Hôtel Ivoire, le Groupe consultatif a permis à la Côte d’Ivoire d’obtenir des annonces de financement estimées à 47 820 milliards de FCFA pour le PND 2026-2030, soit 4,29 fois l’objectif initial.
Pour Ahoua Don Mello, cette performance traduit « une confiance exponentielle » des partenaires techniques et financiers, renforcée par le récent reclassement de la Côte d’Ivoire par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale en pays à faible risque de surendettement.
Cependant, l’ancien ministre estime que cette mobilisation record doit être analysée avec prudence. Il relève notamment que le coût global du PND 2026-2030 atteint désormais 114 838,5 milliards de FCFA, soit dix fois le montant du premier PND de l’après-crise (2012-2015). Une progression qui, selon lui, pose la question de la capacité d’absorption du pays et de l’impact réel de ces investissements sur les populations.
Sur la question de la dette, Ahoua Don Mello estime que les assurances données par les institutions financières internationales ne doivent pas occulter les risques liés à l’accumulation des engagements. Il rappelle qu’à fin 2025, la dette publique représentait 57,1% du PIB et appelle à une meilleure maîtrise des flux financiers afin d’éviter une pression accrue sur les finances publiques.
Concernant la réduction de la pauvreté, il souligne un contraste entre les indicateurs relatifs et la réalité sociale. Si le taux de pauvreté est passé de 55% en 2011 à 37,5% en 2025, le nombre absolu de personnes pauvres demeure, selon lui, autour de 10 millions. « La croissance économique doit davantage se traduire par une amélioration des conditions de vie des populations », soutient-il.
Dans son analyse, Ahoua Don Mello critique également une stratégie qu’il juge trop dépendante des financements extérieurs et des multinationales. Il estime que le secteur privé ivoirien doit davantage être placé au cœur du dispositif afin de garantir un meilleur contenu local et une plus grande implication des acteurs nationaux.
Pour corriger ces déséquilibres, il formule plusieurs propositions. Il suggère notamment que la première journée des futures tables rondes soit consacrée aux investisseurs et partenaires nationaux, notamment les fonds souverains, banques, assurances, organisations patronales et chambres consulaires, afin qu’ils jouent un rôle moteur dans la mobilisation des ressources.
Il préconise également de privilégier les projets à fort impact social dans des secteurs comme l’éducation, la santé, l’agriculture moderne, l’industrie, les services et l’économie numérique, avec pour objectif de favoriser le plein emploi et une croissance davantage inclusive.
Pour l’ancien ministre, la Côte d’Ivoire a réussi le pari de convaincre les investisseurs. Le prochain défi, selon lui, sera de transformer ces promesses financières en amélioration concrète du bien-être des populations tout en préservant la souveraineté économique du pays.
David kouassi

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