Des responsables politiques, des personnalités publiques et des organisations de la société civile ont vivement critiqué, ce jeudi, la méthode employée par le gouvernement dans le cadre de la réforme de la gouvernance électorale, estimant qu’elle ne favorise pas un véritable consensus autour des règles du jeu démocratique.
Réunis en conférence de presse à Abidjan, les signataires de la proposition de loi organique portant création d’un Haut Conseil électoral (HCE) ont dénoncé une approche jugée unilatérale, qu’ils estiment incompatible avec les exigences d’une démocratie apaisée.
« Nous le disons avec gravité : une telle méthode n’est pas acceptable lorsqu’il s’agit de définir les règles du jeu démocratique », ont-ils affirmé, estimant que la réforme de la gouvernance électorale « ne peut être le produit d’une démarche unilatérale ».
Selon eux, un tel processus doit impérativement reposer sur une concertation « sincère, inclusive et transparente », associant l’ensemble des acteurs concernés. « Les règles appelées à garantir la paix ne sauraient être élaborées sans ceux qui auront à les appliquer et à s’y soumettre », ont-ils insisté.
Les conférenciers ont ainsi rejeté ce qu’ils qualifient de simple démarche d’information, estimant que les forces politiques ont été réduites au rôle de « destinataires d’une réforme déjà arrêtée ».
« Nous récusons donc fermement cette méthode qui réduit les forces politiques à de simples destinataires d’une information déjà arrêtée », ont-ils martelé, appelant à l’ouverture d’un véritable dialogue national sur la réforme du système électoral.
Au-delà des critiques sur la méthode, les intervenants ont également réaffirmé leur position de fond en faveur de la création d’un organe électoral indépendant, entièrement soustrait à toute influence gouvernementale ou partisane.
Ils proposent une institution à caractère « politico-technique », chargée du management global du processus électoral et investie de la responsabilité exclusive de l’organisation matérielle des scrutins à toutes les étapes.
Dans leur vision, cet organe devra exclure rigoureusement de sa composition tout représentant du gouvernement ainsi que tout membre de parti politique, afin de garantir son impartialité et sa crédibilité.
Les signataires estiment par ailleurs que cette structure devra pouvoir mobiliser l’ensemble des compétences de l’État — juridiques, administratives, techniques et sécuritaires — tout en disposant des ressources financières publiques nécessaires à l’accomplissement de sa mission.
Pour eux, seule une telle architecture institutionnelle est susceptible de restaurer durablement la confiance des citoyens dans le processus électoral et de garantir la stabilité démocratique du pays.
David Kouassi

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