La Ligue des Femmes du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a exprimé sa « vive préoccupation » face aux opérations de déguerpissement et de démolition dans plusieurs quartiers dits précaires du District autonome d’Abidjan.
Dans une déclaration publiée ce mercredi 10 juin 2026, l’organisation dénonce des interventions menées, selon elle, dans un contexte social particulièrement fragile, affectant des milliers de familles, de petits commerçants et de ménages vulnérables.
La Ligue des Femmes indique que ces opérations touchent des habitations, des commerces de proximité et des activités économiques informelles, entraînant des déplacements de populations et la destruction de sources de revenus.
Elle rappelle que des situations similaires avaient déjà été observées en 2024 dans les zones de Gesco et Boribana, où plusieurs familles avaient été contraintes de quitter leurs lieux de vie et d’activités.
L’organisation souligne également que les opérations actuelles interviennent en pleine saison des pluies, ainsi qu’en période d’examens scolaires, ce qui accentuerait, selon elle, la vulnérabilité des populations concernées.
Tout en reconnaissant la nécessité pour l’État de mener des politiques d’aménagement urbain et d’assainissement, la Ligue des Femmes du PPA-CI estime qu’aucune politique publique ne devrait se faire au détriment de la dignité humaine.
Elle déplore notamment, selon sa lecture de la situation, l’insuffisance de concertation, l’absence de solutions de relogement préalables pour certaines familles et les conséquences sociales des démolitions.
Pour l’organisation, les premières victimes de ces opérations seraient les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap ainsi que les petits commerçants.
Face à cette situation, la Ligue des Femmes du PPA-CI formule plusieurs demandes aux autorités. Elle appelle notamment à :
la suspension immédiate des opérations de déguerpissement et de démolition pendant la saison des pluies et la période des examens scolaires ;
l’ouverture d’un dialogue inclusif avec toutes les parties prenantes ;
un recensement transparent des personnes et activités affectées ;
la mise en place de solutions de relogement dignes avant toute démolition ;
une indemnisation jugée juste et équitable des personnes impactées ;
des mesures spécifiques de protection en faveur des groupes vulnérables.
La Ligue des Femmes du PPA-CI invite enfin les autorités administratives, municipales et coutumières à privilégier la concertation et l’accompagnement social.
« L’émergence ne doit pas se construire contre les plus pauvres », insiste-t-elle, estimant que la modernisation des villes doit intégrer une forte dimension humaine.
L’organisation conclut que la Côte d’Ivoire ne saurait se bâtir sur la détresse des familles modestes ni sur la précarité des ménages affectés par ces opérations urbaines.
David kouassi

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