À Marcory, le maire Aby Raoul s’est engagé à transformer l’image de sa commune, confrontée depuis plusieurs années à un important désordre urbain.
Après une phase de sensibilisation auprès des populations, la mairie est passée à une étape plus ferme. Depuis le 18 mai 2026, une vaste opération de déguerpissement est menée dans le cadre du respect des normes d’urbanisme et de l’application des recommandations issues des États généraux de la qualité du cadre de vie.
Cette opération a permis de libérer plusieurs espaces publics occupés illégalement afin d’offrir aux habitants un environnement plus sain, plus sécurisé et mieux organisé.
Parmi les sites concernés figurent notamment la voie située entre le secteur de la ferraille et l’hôpital d’Aliodan, ainsi qu’un espace précaire connu sous le nom de « Maison Blanche ».
Si cette action est saluée par de nombreux habitants soucieux de voir leur commune retrouver de l’ordre, une question demeure : suffira-t-elle à régler durablement le problème de l’occupation anarchique des espaces publics ?
En effet, derrière les installations détruites se trouvent souvent des petits commerçants, des travailleurs du secteur informel ou encore des familles qui tentent de gagner leur vie au quotidien. Pour beaucoup d’entre eux, ces espaces représentent leur principale source de revenus.
Dès lors, le véritable défi est de trouver un équilibre entre l’assainissement de la ville et la prise en compte des réalités sociales. La seule répression peut-elle réellement modifier les comportements sur le long terme ?
Comme plusieurs communes du district d’Abidjan, Marcory connaît une forte croissance démographique. Cette situation accentue la pression sur les espaces publics et favorise le développement d’activités informelles.
Dans ce contexte, la fermeté des autorités peut apparaître comme une nécessité pour restaurer l’ordre.
Toutefois, elle gagnerait à être accompagnée d’une véritable politique d’aménagement urbain, avec la création d’espaces adaptés aux activités économiques et des solutions concrètes pour les acteurs du secteur informel.
Au-delà des déguerpissements, c’est donc la question de l’organisation durable de la ville et de l’accompagnement des populations concernées qui reste posée.
David Kouassi

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