Les effondrements d’immeubles continuent de bouleverser des vies à Abidjan. Dans la matinée du samedi 23 mai 2026 à Koumassi Soweto, derrière l’hôtel Belem, un nouveau drame a fait huit morts.
Ce mardi 26 mai, à Faya, dans la commune de Cocody , un autre immeuble en construction R+5 s’est affaissé dans la nuit du lundi au mardi, faisant un blessé, selon les témoins sur place.
A la suite du drame de koumassi, le ministre ivoirien de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, s’est rendu sur les lieux, selon une publication de son département ministériel.
Le ministre a insisté sur la nécessité de diligenter rapidement des investigations afin de déterminer les causes exactes de l’effondrement et de sécuriser la zone pour prévenir de nouveaux accidents.
Il a également appelé à un renforcement des capacités d’anticipation et de contrôle, notamment en cette période de saison des pluies propice aux risques d’effondrement.
Mais au-delà des réactions, une question taraude l’esprit: A qui la faute ?
L’une des principales causes évoquées par les experts du bâtiment reste le non-respect des normes de construction. Dans plusieurs cas, des immeubles sont construits sans études techniques sérieuses, avec des matériaux de mauvaise qualité ou encore sans autorisation conforme.
À cela s’ajoute le phénomène des constructions anarchiques, favorisé par l’urbanisation rapide d’Abidjan. Certains promoteurs, soucieux de réduire les coûts ou d’accélérer les travaux, contournent les règles élémentaires de sécurité.
La responsabilité des autorités est également pointée du doigt. Comment des bâtiments présentant des faiblesses structurelles peuvent-ils atteindre plusieurs niveaux sans être stoppés à temps ?
Les services de contrôle disposent-ils réellement des moyens nécessaires pour suivre tous les chantiers en cours ?
De nombreux citoyens dénoncent un manque de rigueur dans les inspections, voire des complicités qui permettent à certains chantiers irréguliers de poursuivre leurs travaux malgré les risques.
Une responsabilité collective
Les effondrements d’immeubles ne sont pas uniquement la faute des promoteurs ou des autorités. Ils révèlent aussi un problème plus profond touchant l’ensemble de la chaîne de construction : ingénieurs, architectes, maîtres d’ouvrage, entreprises de BTP, contrôleurs techniques et administrations publiques.
Lorsque les règles ne sont pas respectées, lorsque les contrôles sont insuffisants et que les sanctions restent rares, les conséquences deviennent dramatiques.
Jusqu’à quand ?
Chaque nouvel effondrement provoque l’indignation, les visites de terrain et les annonces d’enquête. Mais quelques mois plus tard, les mêmes drames se reproduisent. Pendant ce temps, des familles continuent de perdre des proches dans des catastrophes qui auraient parfois pu être évitées.
La Côte d’Ivoire, en pleine expansion urbaine et économique, ne peut construire son développement sur des bâtiments fragiles et des vies sacrifiées. Il devient urgent de renforcer les contrôles, de sanctionner les contrevenants et de faire du respect des normes une priorité absolue.
Car au final, derrière chaque immeuble qui s’effondre, ce sont surtout les failles d’un système tout entier qui apparaissent au grand jour.
David kouassi

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